SPECIALISTE DES PEINTURES DE PIERRE SOULAGES


 

 Interventions de “bichonnage” sur les oeuvres avant l’ouverture du Musée Soulages (Rodez 2014)

Depuis 2004, un travail important de connaissance de la technique et des altérations propres aux peintures de Pierre Soulages est mené. Cette recherche approfondie a donné lieu à de nombreuses publications (Articles scientifiques publiés par Pauline) ; elle est soutenue par l’intérêt continu de Pierre et Colette Soulages dont l’accompagnement a été essentiel à sa conduite.

 

En 2006 et 2007, Pauline Helou-de La Grandière a bénéficié d’une allocation de recherche du Centre national des Arts Plastiques sur ce sujet. L’ensemble des problématiques a été présenté au colloque Soulages, colloque international organisé à Beaubourg (2010) : Voir la video et plus récemment à l’Institut national du Patrimoine (2019) 

 https://podcloud.fr/podcast/institut-national-du-patrimoine/episode/collaborer-avec-lartiste-les-secrets-de-pierre-soulages.

 

Devenue spécialiste de l’œuvre de Pierre Soulages, les collections publiques ou privées font appel à l’atelier pour la réalisation des restaurations difficiles, ou pour les autres œuvres des années 1950 qui présentent des similitudes avec l’œuvre de Pierre Soulages.

(https://www.springerprofessional.de/en/a-montparnasse-disease-severe-manifestations-of-metal-soaps-in-p/16572500 )

 

 

 Les oeuvres des collections suivantes ont été traitées :

Musée Soulages, Rodez
Centre Pompidou, Paris
Musée Fabre, Montpellier
Musée d’Art moderne, Saint Etienne
Les Abattoirs, Toulouse
Musée d’Art moderne de la Ville, Paris (mémoire de fin d’études)
Musée Sara Hilden, Tampere (Finlande)
Sonja Henie & Niels Onstad Kultursentrum HOK, Oslo (Norvège)
Kunstsammlung NordRhein Westfalen, Düsseldorf (Allemagne)
Galerie Levy-Gorvy, New York et Londres
Sotheby’s, Paris
Christie’s, Paris
Tajan, Paris
Cornette de Saint-Cyr, Paris
et de nombreuses collections particulières en France et à l’étranger.

 

 

 REFIXAGE D’ECAILLAGES SEVERES


Mario Prassinos « Bouquet blanc » 130 x 97 cm, août 1959 (Musée d’Angers) ; Les soulèvements sont liés à l’utilisation d’un liant spécifique, sans adhérence sur la préparation de l’oeuvre

Grâce aux recherches conduites sur les oeuvres de Pierre Soulages, la problématique des écaillages sévères que développent les peintures à partir des années cinquante est particulièrement étudiée : en effet, les matériaux disponibles pour les artistes ont changé au cours du milieu du XXe siècle, qu’il s’agisse des interactions possibles pour les peintures à l’huile (saponification accrue du liant) ou our les premières peintures acryliques ou vinyliques.

De nombreux artistes présentent de sévères soulèvements qui doivent être traités avec le plus grand soin pour garantir leur conservation à long terme.


TRAITEMENT SPECIFIQUE DES PEINTURES MATES


 

 

 

 

 

 

 

 

 
 

Les peintures non vernies engendrent des fragilités et des altérations nouvelles et plus complexes, pour lesquels nous appliquons une méthode et une stratégie particulièrement adaptées. Les peintures mates demandent une attention particulière pour leur refixage (risque de créer des brillances par lustrage ou sur-saturation avec un consolidant) et pour leur retouche qui doit avoir la même brillance vue de tous les angles.

 

RECHERCHE ET DEVELOPPEMENT


 

Les défis à relever en restauration d’art contemporain sont importants. Quelques exemples de problématiques traitées :

- comblement des empâtements : Pour restituer un empâtement manquant, les techniques de retouche sont différentes. Pour le Musée d’Angers, avec Agata Graczyk, nous avons mis au point un nouveau matériau qui permet d’effectuer une retouche 3D d’empâtement (technique mise au point pour les lacunes jaunes et bleues des peintures de Mérodack-Jeaneau).

- Traitement des taches blanches et des effloresecnces à la surface des peintures à l’huile non vernies. Les efflorecsences d’acides gras sont des dégradations récentes d’oeuvres du XXe : les microscopiques cristaux ont le même aspect que des moisissures, mais leur traitement est souvent problématique. Pour traiter des oeuvres des années soixantes et quatre-vingt de Pierre Soulages, Serge Poliakoff et André Lanskoy, une technique a été développée, et elle permet d’éviter le retour de ces blanchiments.

 - Réduction des craquelures des peintures des années 1980 (en cours).

- Traitement des coulures et des surfaces poisseuses : C’est un défi en cours d’étude à l’atelier.

 

TRAITEMENT DE GRANDS FORMATS ET INSTALLATIONS


 

Installation de toiles libres : Série de Opie à la Kunstsammlung K21, Düsseldorf, et série de Pincemin, Musée des Beaux-Arts d’Angers.

 

 Les toiles libres, développées dans les années 1960-1970 ; notamment par le groupe support-surface en sont un exemple qui a été étudié et traité à plusieurs reprises pour leur accrochage spécifique.

 Les formes d’expression de l’art contemporains entraînent l’usage de média différents, notamment du point de vue des installations où les méthodes et moyens changent par nature : le sens de l’œuvre prévaut la plupart du temps sur sa matérialité, comme le montre l’exemple ci-contre donné par le changement du citron altéré de «Capri Battery» de Joseph Beyus (KNRW Düsseldorf) :